From: mathilde b.
Sent: Thu 23/07/09 12:07
To: cassandra b.
Je me rappelle du jour ou je t'ai trouvé plus belle que jamais. En septembre 2007, jour de la rentrée des classes, je ne t'avais ni vu ni parlé depuis plusieurs mois, je regardais au hasard vers la porte et je t'ai vu rentrer, tu avais laissé tes cheveux blonds pousser durant l'été et tu portais une chemise noire, tu étais magnifique. J'ai eu quelques instants de stupeur, de trouble, comme envoûtée par ta présence et puis on m'a rappelée à la réalité mais je ne saurai jamais oublier ton visage ce jour là.
Notre histoire est faite de pleins de petits souvenirs enfouis dans mon c½ur, notre rencontre en salle 123 en cours de français, nos déambulations dans les couloirs main dans la main, une promenade dans la cour ou tu m'appris que tu aimais les femmes, la première fois ou je rentrais dans le cimetière Montmartre à tes cotés, les fois ou je te serrais les mains à t'en faire mal pour quelqu'un qui n'en valait pas la peine, le cour de SES ou je pleurais parce que tu avais tenté de mourir et que je ne pouvais rien faire, la fois ou tu es venue chez moi avec une jambe ensanglantée par tes cicatrices et ou j'ai pansé tes plaies, le jour ou dans un stade j'ai pleuré dans tes bras parce qu'une amie avait tenté de mourir par ma faute, notre dernier souvenir à la terrasse d'un café... et bien d'autre encore. Comment oublier tout cela, chaque instant à tes cotés mettait un peu plus de joie en mon c½ur meurtrit.
Et notre histoire n'est rien sans le regard des autres qui nous importe peu, la prof' de français qui pensait que tu avais une mauvaise influence sur moi, le prof' de SES qui pensait que nous sortions ensemble, mes amis qui ne t'aimaient guère, ceux qui m'enviaient, les gens qui me croyait bi tant j'était transformée par ta présence...
Dire qu'un moment j'ai cru qu'aller avec des gens qui allait mal ne nous rendait que plus malheureux... Mais si tu ne m'as pas sortis de ma torpeur dans un premier temps tu m'as permis de rester en vie, je ne regrette rien, sans toi je n'aurais pas pu.
Je voudrais prendre le temps de tout comprendre, que tu me racontes ta vie de long en large, tes amours, tes malheurs, toutes ces choses que j'ignore et qui me rendent jalouse de ceux qui savent. Mais ta part d'ombre n'est elle pas l'une des choses les plus charmantes de ta personnalité ? Je ne saurai le dire. Je pourrais à mon tour tout garder en moi ou te raconter les aléas de ma vie, ce que ma psy m'a révélé, t'expliquer ce que j'ai fait de ma vie et pourquoi et ce que je compte en faire. Mais s'il y a bien une chose concernant mon futur que tu dois savoir c'est que je veux le vivre avec toi.
Je n'ai jamais été très douée pour les déclarations, j'aligne des mots qui n'ont pas vraiment de sens mais que parfois je trouve beau alors je vais essayer de te le dire avec ceux qui me sont le plus chère.
Ma Cassandra, il se révèle aujourd'hui que mon destin est inhérent au tien, si mon amour immuable n'a su s'exprimer dans les premières années il n'en est que plus fort aujourd'hui et il me semble inéluctable que nos chemins se croisent à nouveau pour ne faire qu'un. Dans les méandres de mon c½ur j'ai pu déceler la tendresse démesurée que je te porte et en conclure que si quelque chose manquait à ma vie dorénavant ce serait bien toi. En t'écrivant je souris naïvement les yeux emplis d'étincelles illusoires mais il est fort possible que ce soit psychosomatique car oui tu influes sur mon psychisme plus que tu ne t'en crois capable. Ces quelques mots me paraissent bien mesquins comparé à ce que je ressens mais je crois que tu sauras lire entre les lignes et percevoir toute l'émotion de mon être désabusé.
N'aurait-il pas été plus simple de te dire que je t'aime ? Qu'importe, je hais ce qui est simple.